Je m'ajuste sur les coudes pour mieux voir le réveil, il affiche 9h36, j'ais beaucoup dormi... du moins, par rapport à d'habitude. Ma tête me fait mal, je me sens perdu...tout me paraît bien flou tout d'un coup.
J'allume la radio du réveil, avant de me hisser hors du lit avec difficulté. Je suis épuisée, je pèse bien lourd ce matin, par rapport aux autres matins. C'est avec nonchalance que j'ouvre les fenêtres, puis, les volets.
L'air frais du matin d'avril s'engouffre paisiblement dans ma chambre, et c'est avec une lenteur incomparable que je gagne la cuisine pour prendre de quoi rassasier mon estomac impatient.
Je m'assois, avec précaution, vu mon état je pourrais bien tomber. Je tâte mon front par précaution, je pourrais bien être malade et avoir de la fièvre. Non, rien, juste la chaleur de mon corps lorsque il est en bonne santé. Pourtant mes membres sont engourdis... Je me lève et me dirige, mon jus d'orange à la main, dans la salle de bain. Là, je le pose sur le marbre près de la vasque de porcelaine, pour pouvoir chercher de quoi m'attacher les cheveux...
Je farfouille un instant, dans le tiroir, et j'en sors un chouchou blanc, avec lequel j'attache prestement mes cheveux : il est 10h08.
Je retourne manger, dans la cuisine où je m'aperçois que j'ais oublié mon verre...C'est pas vrai ! Que m'arrive-t-il ? J'y retourne, je le prends et termine le jus d'orange.
Je pars déposer le verre dans l'évier de la cuisine, avant de retourner dans ma chambre. Je fais mon lit avec l'application qui me caractérise si bien, pourtant j'ais du mal, un pan de la couette refuse de se faire arranger comme je le souhaiterais.
Puis je ferme les fenêtres, je m'habille avec ce que j'ais sous la main avant de sortir prendre l'air : ça ne peut que me faire du bien.
Là, sur le trottoir devant ma maison, la rue est déserte : pas une voiture garée, ni le chat paresseux des voisins qui fait sa promenade... Le silence m'engloutit et je marche droit devant moi. Mes pas résonnent terriblement sur le chemin goudronné. Plus j'avance, plus une impression étrange envahi mon c½ur... Mais que se passe-t-il ?
Je regarde ma montre : 10h49. J'accélère, je trottine... me voilà entrain de courir.
11h00. Je suis épuisée, prête à m'écrouler. J'aperçois un banc où je m'écroule littéralement. Puis je ferme les yeux.
Le soleil est haut dans le ciel, il me chatoie le nez, fait briller mes cheveux noirs étrangement.
Petit à petit je reprends mon souffle, je rouvre une à une mes paupières : elles sont si lourdes...
Je me redresse et tourne la tête en tous sens pour identifier le lieu où je me trouve.
Je ne reconnais pas... Une grande rue bordée de peupliers, elle est déserte.
Je vois quelqu'un au bout de cette rue, une ombre qui s'évanouit dans le paysage. Je cherche à la poursuivre malgré la fatigue qui m'a submergé. Mais elle m'a déjà semée avant que je n'atteigne le bout de la rue, d'ailleurs, elle est bien longue cette rue. C'est arrivé au bout que ma surprise est totale, que vois-je en face de moi ? Tel un colosse qui s'élève jusqu'au dessus des nuages, se tient devant moi une bâtisse. Il semblerait que ça soit un immeuble, mais la façade fait plus pensée à un manoir ou un château.
Je suis effrayé à l'idée d'avancer d'avantage vers cette construction, mais... mon envie est irrésistible, quelque chose m'attire vers ce bâtiment. Le malaise m'a tout entier envahi.
